Hot or Not ? Fais évaluer ta musique sur SubmiHub

Cover - Hot or Not ? Fais évaluer ta musique sur SubmiHub
En tant qu’artiste indépendant, débutant, sans fanbase et sans communauté, je peine beaucoup à obtenir des retours sur mes productions pour m’aider à orienter mes choix au cours d’icelles.

En tant qu’artiste indépendant, débutant, sans fanbase et sans communauté, je peine beaucoup à obtenir des retours sur mes productions pour m’aider à orienter mes choix au cours d’icelles.

Maman, je t’aime, et tes avis sur ma musique me touchent beaucoup lorsque celle-ci te touche, mais soyons honnêtes : je pense que tu es encore moins objective que moi.

Les cercles amicaux ? Quand il s’agit de ta décision de faire de la musique, cela ne les engage ni à aimer ni à écouter ce que tu fais.

J’ai décidé de ne pas les inclure dans mon processus de production. Aussi, demander à ses potes de faire de l’engagement… De toute façon, les algorithmes ne sont pas dupes. Et surtout, pour qui cherche à diriger un choix, il vaut mieux s’écarter des avis trop subjectifs.

Puis il y a toi, cher auditeur. En général, la production que tu entends a déjà fait l’objet de choix quant à sa direction artistique. Si tu me suis depuis quelque temps, tu sais que cet objet musical n’est pas invariable, et que je suis capable de réarranger plusieurs fois le même morceau. Et puis, je n’ai aucun scrupule à manquer de cohérence, en assumant ma posture.

Toi, tu es le confortable destinataire d’un cadeau emballé et bien ficelé, d’un produit fini.

NB : Évidemment, si tu souhaites participer à ma création musicale, signale-toi en commentaire, je te ferai rejoindre un groupe de cobayes bénévoles qui ont fait don de leurs oreilles à mon art. (Aucun être humain n’a été volontairement maltraité dans cette expérience.)

J’ai coutume de dire que je suis mon premier fan, et si je publie plusieurs versions d’une même chanson, c’est tant parce que chacune d’elles me fait vibrer de façon unique que parce que je suis indécis et incapable de choisir. Mais le produit « fini », c’est l’aboutissement.

Et donc, avant ce plongeon dans le grand bain des plateformes de streaming, au cours du processus de fabrication de ma machine à émotions, obtenir des retours, sinon objectifs, au moins issus de pairs, est une mine d’or.

SubmitHub « Hot or Not ? » ou l’évaluation par les pairs

Je te présente le système, ses avantages et ses inconvénients.

Le principe :

  • Tu évalues les morceaux proposés par d’autres musiciens.
  • Deux types de demandes peuvent notamment t’être proposées :
    • À quel genre musical ce morceau appartient-il ?
    • Ou : fais un commentaire sur cette chanson.
  • À chaque fois, tu donnes une note entre 0 et 100.
  • Tu indiques à quel ou quels genres se rattache le morceau, ou tu es invité à saisir un commentaire.

La longueur minimale du commentaire et le temps d’écoute demandé peuvent varier selon le type de crédit avec lequel l’artiste a souhaité faire évaluer son morceau : standard ou premium.

Tel que je connais le système aujourd’hui, je dois évaluer dix morceaux d’autres artistes pour recevoir sept crédits, qui me permettront ensuite de faire évaluer les miens. Toutes les vingt évaluations, je bénéficie également d’un crédit premium. Celui-ci me permet d’interroger les autres de manière plus détaillée, en demandant par exemple un avis séparé sur la mélodie, la production, la voix, l’énergie ou la structure du morceau, voire sur des questions personnalisées.

Pour obtenir des retours, je consacre donc du temps à la musique des autres. Mes dix évaluations financent les sept crédits que je vais dépenser sur mes morceaux.

Ce que j’ai réellement obtenu

Au moment où j’écris cet article, mon historique contient 277 événements concernant 32 morceaux ou versions différentes :

  • 227 évaluations ;
  • 50 passages, c’est-à-dire des personnes ayant choisi de ne pas évaluer le morceau ;
  • 207 commentaires écrits ;
  • 56 évaluations premium.

Les évaluations sont anonymes. Je peux voir comment une note se situe par rapport à la moyenne habituelle de la personne qui l’a donnée, sans connaître son identité. Lorsque peu de personnes évaluent au même moment, le niveau d’activité visible sur la plateforme permet parfois de soupçonner qui a écouté un morceau. Cela reste un recoupement de ma part. SubmitHub ne me donne pas le nom de l’évaluateur. Mais parfois l’évaluateur te laisse la possibilité de le contacter, et ça… Ça, c’est très enrichissant quand il vient de te laisser une évaluation très pertinente techniquement et que tu veux en apprendre plus. Donc le système peut aussi être source d’échanges fructueux.

Sur mes 227 évaluations :

  • 107 ont été classées « à peu près égales » à la moyenne de l’évaluateur ;
  • 37 légèrement au-dessus ;
  • 37 légèrement en dessous ;
  • 20 beaucoup plus élevées ;
  • 26 beaucoup plus basses.

Finalement, la note importe peu. Pensez-vous vraiment que si le morceau que je viens d’achever, celui dans lequel j’ai déposé une partie de moi qui s’est mise à nu, obtient une mauvaise note, je le renierai ?

La note à elle seule a des tas de raisons d’être peu signifiante, ne serait-ce que par la faible taille de l’échantillon qui la constitue. Ce qui compte vraiment, ce sont les appréciations écrites.

Ce que j’aime :

Des oreilles extérieures à mon entourage

La personne qui écoute mon morceau ne me connaît pas. L’anonymat évite la politesse que l’on peut attendre d’un proche. La contribution anonyme a aussi ses revers, nous y reviendrons. Cette source d’avis extérieurs est donc d’une grande utilité.

Un système qui fait apparaître des motifs qui se répètent

Un commentaire isolé peut dépendre du goût, de l’humeur ou du système d’écoute de l’évaluateur. Mais lorsqu’une remarque est récurrente, elle devient pertinente.

De mon expérience, je constate que les points d’évaluation qui ressortent le plus souvent sont, en premier lieu, la voix, puis les paroles/l’écriture. Viennent ensuite la qualité de production, le mix ou le mastering.

Si les commentaires positifs font toujours plaisir, ce sont néanmoins les critiques constructives qui sont les plus utiles.

Et quand bien même le morceau en cours d’évaluation serait déjà entre tes mains, ces remarques me permettent d’y apporter une nouvelle écoute et d’en tirer les leçons pour un futur arrangement ou bien un futur morceau.

Se poser de vraies questions

Avec les crédits premium, je peux demander des évaluations séparées sur la mélodie, la voix, l’énergie, les instruments, la qualité de production ou la structure. Je peux aussi poser une question liée au morceau lui-même : dois-je en faire un club mix ? Que pense l’auditeur du concept de concert live virtuel ?

Quand la donnée se précise, elle permet aussi de déterminer une chose : quel morceau se prêterait le plus à un plan de promotion.

Toi-même, tu sais que les rézos, la promo, etc., c’est pas mon dada. Et puis… T’as vu comme je m’exprime ? Je vais aller parler à qui sur TikTok ? Les Z et les Alpha ont déserté au premier paragraphe (vrai ou faux ? Si tu résistes, signale-toi en commentaire). Mais bon ! Si je ne cherche pas à faire carrière, j’aimerais quand même beaucoup que ma musique ait l’opportunité de rencontrer les paires d’oreilles, et la matière grise qu’elles accompagnent, à qui je la destine.

Alors, est-ce que ça vaut le coup ou pas d’investir le peu d’énergie et de temps qu’il me reste sur ce morceau ou pas ? Ou alors : « Ah tiens ! Je ne soupçonnais pas que ce morceau sur lequel j’ai misé si peu puisse intéresser… »

Savais-tu que les plus grands tubes de tes stars préférées sont souvent, au départ, les morceaux sur lesquels iels n’auraient jamais parié, et même parfois ceux qui leur plaisent le moins ?

Se rassurer un peu quand même !

La nuit Je suis a reçu huit évaluations, zéro skip. Sept notes sont au-dessus de la moyenne habituelle de leur auteur ; la note globale (oui, oui, j’ai dit qu’elle compte peu, mais quand elle est bonne, c’est pas pareil !) est au-dessus de la moyenne du site.

Résultat, un peu de confiance en soi pour ne pas baisser les bras, les soirs de spleen et de chanson triste, quand le moral baisse.

Et, même si après coup je peux te dire que ce fut sans résultat (je ne dirais pas inutile), je pense ne pas avoir fait un mauvais choix quand j’ai décidé de présenter ce morceau à des curateurs ou à des acteurs potentiellement concernés.

Entraîner son écoute

Pour obtenir des crédits, je dois écouter les autres. Je dois identifier un genre, formuler un commentaire, distinguer ce qui relève de mon goût de ce qui relève de la production. Je dois expliquer pourquoi une voix me gêne, pourquoi une introduction me semble trop longue, pourquoi un refrain fonctionne.

Ce travail me force à préciser ce que j’entends. « Je n’aime pas » ne suffit pas pour écrire un commentaire utile. Puis, effet boomerang, à force de chercher les mots (maux ?) chez les autres, je repère plus facilement les mêmes chez moi.

Ce que le système fait moins bien

L’imperfection systémique

Anonymat oblige, on rencontrera ses dérives les moins aimables. Je n’ai constaté qu’une ou deux fois des abus outrageants relevant de l’insulte gratuite. Donc l’ambiance n’est pas à la toxicité, ouf !

On trouvera toujours des gens pour ne pas jouer le jeu. Des impatients de faire évaluer leurs morceaux qui bâclent pour obtenir des crédits au plus vite. Ils ne sont pas nécessairement désagréables, au contraire même, ils ont tendance à surnoter et à laisser des commentaires génériques et élogieux.

Comme dans tout groupe humain, on trouvera toujours des personnes plus limitées mentalement, qui n’ont pas compris le principe et vont se fonder sur leurs goûts, voire sur rien de tangible pour laisser une note médiocre. C’est leur défouloir. Bah ok ! Le plus simple reste de les bloquer pour qu’ils ne reviennent plus biaiser tes propres résultats. Ils finiront bien par aller se défouler ailleurs, passons.

Conclusion : garder à l’esprit que la valeur de la note, pour ces raisons et tant d’autres, ne reflète pas la qualité de ton morceau. À l’instar de leur notation, il faut aussi accorder moins de crédit aux évaluations de cette population.

De façon purement empirique, au doigt mouillé, sans fondement scientifique, je dirais qu’il est prudent d’éliminer les 10 % d’évaluations les plus sévères, comme les plus élogieuses, pour garder la part la plus sincère de celles-ci.

Quand l’IA peut devenir le sujet à la place du morceau

En outre, SubmitHub permet à quiconque ne souhaite pas écouter de musique générée par IA de faire un opt-out des musiques détectées et/ou déclarées en tant que telles.

Si tu me connais, tu le sais, je présente toujours mon projet en toute transparence : j’ai ajouté la mention « AI powered - human written » à mon nom d’artiste. Je déclare tous mes morceaux comme intégralement réalisés par IA, même quand ça n’est pas vrai.

Enfin, reste la possibilité pour quiconque de skip un morceau. Ainsi, tu n’as pas à te forcer à évaluer une musique qui ne te fait rien, voire te rebute, ça ne te coûte absolument rien, aucune pénalité.

Enfin, tu sélectionnes toi-même, avec une granularité appréciable, les genres musicaux que tu souhaites évaluer.

En théorie, personne n’aura l’excuse de se voir imposer l’évaluation d’une musique qu’il n’aime pas.

Malgré tout cela, eh bien, je reçois toujours de temps à autre des évaluations qui protestent contre l’utilisation de l’IA, sans rapport direct avec mon morceau. C’est ainsi, il faut admettre que le sujet puisse être sensible. Aux mêmes causes, les mêmes effets : je bloque, je retire de mes stats.

D’après le décompte que j’ai pu en faire, cela représente 5 % des évaluations, donc pas la peine d’en faire tout un fromage. Juste, si t’es du genre susceptible… Respire un bon coup et passe à autre chose. Et surtout, n’en tiens pas compte pour évaluer la qualité de ce que tu fais. Si tu le fais, que ça te plaît à toi, au point de le publier… C’est bien !

L’IA générative, si elle est polarisante, n’est pas non plus clivante. Les deux tiers de l’audience restent, sinon favorables, au moins indifférents à son utilisation. (Proportion à relativiser au regard de la partie de l’audience qui se moque de ce qu’elle écoute et note mécaniquement dans une optique de credit-mining.)

Mieux même ! Certains reconnaissent le travail nécessaire pour obtenir, sélectionner, réarranger et améliorer un résultat.

D’autres suggèrent qu’un travail supplémentaire peut être accompli en post-production afin d’obtenir quelque chose d’encore plus qualitatif.

Pour moi, ces remarques sont très encourageantes.

Il y a bel et bien un chemin qui se dessine, sur lequel la production de musique par IA trouve une reconnaissance de ce qu’elle peut contenir d’humain, d’organique, de vibrant !

Contrairement à la musique réalisée de façon traditionnelle, et sans en tirer de règle empirique (c’est peut-être la faute de MA musique ou de MA posture) : utiliser l’IA pour produire sa musique, c’est se couper automatiquement d’une partie du public. À bon entendeur !

D’ailleurs, les chiffres des plateformes de streaming témoignent de quelque chose : pour un volume de musique générée par IA supérieur à 50 % sur Deezer en juin/juillet 2026, les écoutes relatives sont proches de 3 %.

Conclusion, qui n’engage que moi : ceux qui sortiront riches de cette ruée vers l’or seront ceux qui maîtrisent l’art de prospecter pour trouver le bon filon et l’exploiter soigneusement, et non ceux qui font péter toute la montagne à coups de dynamite.

Alors, est-ce que cela vaut le temps consacré ?

Je n’utilise pas Hot or Not pour obtenir une moyenne à afficher ni pour demander à des inconnus si j’ai le droit de me considérer comme un artiste. Les utilisateurs de SubmitHub ne représentent pas l’ensemble du public.

Le temps consacré me rapporte :

  • des réactions extérieures à mon cercle affectif ;
  • des motifs récurrents à vérifier dans mes productions ;
  • des réponses ciblées à certaines questions d’arrangement ;
  • la possibilité d’observer le comportement de plusieurs arrangements d’un morceau ;
  • un entraînement régulier à l’écoute critique ;
  • une trace de la manière dont mon positionnement artistique, y compris l’usage assumé de l’IA, est reçu.

Le temps passé à évaluer les autres me sert directement. Je dois écouter, nommer ce qui fonctionne, repérer ce qui me gêne et séparer autant que possible mon goût de l’exécution. Je récupère des crédits en faisant cet exercice, puis j’utilise les retours reçus pour reprendre une voix, vérifier une introduction, comparer deux arrangements ou conserver un choix que j’assume.

Je continue à utiliser Hot or Not tant que ce temps produit ce genre de décisions. Les notes seules m’intéressent peu. Les commentaires précis, les remarques qui reviennent et les réponses à mes questions peuvent modifier mon travail.

Pour aller voir comment ça se passe : SubmitHub Hot or Not.

Je précise que SubmitHub est avant tout une plateforme qui se propose de mettre en relation des musiciens avec des curateurs de playlists, sans juger de ce modèle commercial.

Et je précise également que cet article n’est absolument pas sponsorisé et que je n’ai aucun lien d’affiliation avec cette plateforme. Il s’agit d’un partage d’expérience vrai et réel (oui, je sais ! Difficile d’y croire en big 2026, mais promis, juré, craché !).


Données personnelles relevées dans mon historique SubmitHub Hot or Not au 11 août 2026.